La Ville va se doter dans l’année de sept nouvelles caméras de vidéosurveillance (1). Ce qui portera le total à 58 (visionnage au poste de la police municipale avec liaison vers la Nationale). Une expansion que La Gauche et l’écologie (PCF) voit d’un très mauvais oeil.
La délinquance favorise l’équipement de la vidéo surveillance
Au coeur de l’argumentaire de la majorité UMP : les résultats de la délinquance. En recul. « En 1999, il y avait 1698 vols à la portière, il n’y en a eu que 53 l’année dernière, martela le maire. Je ne dis pas que seules les caméras ont permis d’amener plus de sécurité sur l’ensemble du territoire mais c’est un des éléments de la chaîne pénale. Qui comporte de la prévention, de la dissuasion et de la répression. On ne filme que la rue alors que ceux que ça dérange, restent chez eux ! ».
On ne sait pas si ce « conseil » sera suivi par les élus de l’opposition communiste, mais ce dont on est sûr c’est qu’effectivement, cette multiplication les dérange. « Nous sommes totalement opposés à cette nouvelle extension. Et encore plus quand on essaie d’y trouver une justification fallacieuse du style mieux connaître ou réguler le flux de circulation ! » commente Cécile Dumas.
Un malaise politique à cause de la surveillance ?
La Gauche et l’écologie s’est, en effet, toujours opposée à Big Brother. « La nouveauté à ce sujet est que nous ne sommes plus les seuls à douter de l’efficacité et de l’utilisation faite des caméras. Un rapport de la CNIL s’inquiète de leur multiplication et un rapport de deux sénateurs, je vous rassure pas communistes, mais UMP et PS, met sérieusement en doute son efficacité préventive. Nous ne voulons pas d’une société qui agite sans arrêt un soi-disant sentiment d’insécurité, qui stigmatise la jeunesse de notre ville en voulant surveiller ses mouvements. Utilisons cet argent, 160 000 euros (2), autrement, au service du lien social et du vivre ensemble ».
A cette interprétation de la délibération, Jean Leonetti a d’abord répondu de façon plutôt ironique. Confirmant l’atmosphère tendue du conseil municipal de vendredi dernier. « Il est toujours curieux de voir le PC accuser la majorité de dérive autoritaire quand on regarde l’Histoire… Je rappelle que nous n’avons jamais mis en place des caméras dans un but purement sécuritaire, mais aussi pour prévenir des inondations ou réguler le trafic routier. Je trouve que le conseil général a bien fait d’installer des caméras aux abords des collèges. Car le racket, la vente de drogue, les intimidations… se font à proximité. Depuis les caméras, ces phénomènes ont baissé…». L’idée est aussi de faciliter les interventions urgentes et de secours. Mais aussi de lutter contre l’incivisme : tags, dépôts sauvages…
Antibes fut pionnière dans l’implantation des caméras en 1996, elle ne semble pas vouloir lâcher ce leadership.Source:maville.com
1. Deux caméras seront au niveau du rond-point entrée autoroute-route de Grasse, deux seront situées en face du lycée Audiberti et du carrefour entre le boulevard Wilson, l’avenue Gaston Bourgeois et l’avenue Maréchal de Lattre de Tassigny, deux caméras sur la place des Martyrs de la Résistance aux intersections Championnet et Lacan et une à l’intersection
2. 50 % pourraient être pris en charge par le Fonds interministériel de la prévention de la délinquance pour 2009. Des subventions ont été demandées au département et à la Casa.